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Sugi Week #6 : La montagne

En France, le calendrier est rythmé par les vacances scolaires, celles d’hiver sont l’occasion d’une ruée vers nos massifs montagneux. Mais entre enjeu écologique, réchauffement climatique, et coût de ces vacances, on s’est demandé si ces vacances d’hiver n’étaient pas en train de se transformer. Quel est l’avenir du tourisme de la montagne en France ?


L’attirance des Français pour la montagne est grandissante : 6 millions d’entre eux passeront leurs vacances sur les massifs français et 2 millions d’étrangers. Selon une étude de l'institut IPSOS, la montagne semble une destination phare pour les Français durant les vacances d'hiver, plus d’un sur deux (53%) déclare ne jamais s’y rendre à cette période. Et c’est une tradition pour seulement 13%, qui affirment s’y rendre chaque année. Les jeunes (22% des 16-24 ans), et les Parisiens (19%) sont les plus nombreux à fréquenter la montagne à l'occasion des vacances d'hiver. Et depuis 2010, la proportion de Français qui passent leurs vacances d’hiver à la montagne pendant les vacances d’hiver n’a progressé que de 3%. Ce qui semble aussi s’éroder est la pratique du ski. Les français déchaussent de plus en plus tôt dans une journée pour pratiquer d’autres activités.




Plus de 120 000 emplois en France dépendent directement de l’ouverture des stations de ski (commerces, hébergements, écoles de ski, restaurants/cafés, services de la station…). La moitié de l’économie savoyarde est directement ou indirectement liée aux sports d’hiver. La France compte 250 stations de ski alpin et environ 200 entreprises de stations de ski. Chaque hiver, les stations françaises reçoivent 10 millions de touristes. La France génère chaque année plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire, 55 millions de journées de ski et 18 000 salariés, répartis en 20 métiers, se classant parmi les trois premiers mondiaux. La taille du marché des stations de ski françaises est estimée à 10 milliards d’euros, avec 10 millions de touristes dont 25 % d’étrangers.



Selon Météo France, près d’1 mois d’enneigement a été perdu les 50 dernières années dans les Alpes. Et, à l’horizon 2050, l’enneigement naturel, notamment en basse altitude, sera fortement réduit. Une des options pour palier à ce manque serait l’utilisation de la neige de culture. Dans les Alpes, un taux de couverture de 45% de neige de culture conserverait des conditions d’enneigement comparables à la situation de référence (1986-2005) jusqu’en 2050, selon l’analyse de l’Inrae. Mais 45 % de neige de culture consommerait 40 millions de m3 d’eau par an, soit deux à quatre fois plus que le volume utilisé actuellement. L’impact environnemental serait trop important. Le manque d’enneigement pousse aujourd’hui les stations à proposer de plus en plus d’activités extra ski : chiens de traineau, raquettes, activités de bien-être. Activités non rentables aujourd’hui seront-elles l’avenir des stations ?


Dans les Pyrénées, la situation n’est guère plus favorable : vers le milieu du siècle, les saisons difficiles seront aussi plus fréquentes, passant d’une sur cinq actuellement à une sur deux ou trois si les gaz à effet de serre se stabilisent et seront quasi-permanentes s’ils continuent de croître. Même avec beaucoup de neige de culture, le résultat restera incertain à long terme : dans la deuxième moitié du 21e siècle, l’enneigement artificiel ne permettra plus de compenser la perte de neige, supérieur à 3 °C.





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